Après toutes ces longues années à engager des procédures destinées à empêcher des constructions préjudiciables autour de ma copropriété, et à veiller sur mon immeuble en tant que syndic bénévole, je suis devenu un vrai cador en conflit de voisinage. J’aimerais bien que ces chicaneries me permettent un jour de faire reconnaître officiellement cette expertise d’enquiquineur professionnel. Histoire de ne pas avoir passé tout ce temps pour rien même si, je ne vous le cache pas, j’y ai pris chaque fois un malin plaisir. Lorsque j’ai découvert, à la lecture du Particulier (n° 1128) que c’était possible grâce à la « validation des acquis de l’expérience » (VAE), j’ai décidé de sauter sur l’occasion !

Dans l’article, j’ai appris que toute personne, quel que soit son âge ou son niveau de formation, justifiant d’au moins un an d’expérience (de façon continue ou non) dans un domaine, a la possibilité de demander la validation d’un diplôme, titre, ou certificat correspondant (1). Déjà titulaire d’une licence en droit privé, obtenue en 1978, je pense que je pourrais désormais prétendre, au moins, à un master spécialisé en droit immobilier ou en droit de la construction, par exemple.

Entre nous, il est bien dommage qu’on ne puisse pas valider un diplôme correspondant à une profession réglementée, sinon j’aurais demandé celui d’avocat ! De manière générale, seuls les diplômes répertoriés au registre national des certifications professionnelles (RNCP) sont accessibles à la VAE (2). Mais le catalogue est large. Il l’est d’ailleurs tellement que j’hésite entre deux diplômes. Dans le doute, je vais me rendre dans un centre de conseil sur la VAE. Il y en a un près de chez moi, dans les locaux de Pôle emploi. L’avantage, avec la VAE, c’est que je n’ai pas besoin de reprendre mes études. Il ne s’agit pas de se former (que pourrais-je bien apprendre de plus ?) mais de faire reconnaître une expertise déjà acquise, dans le cadre d’activités professionnelles ou sportives, de bénévolat, de volontariat, de mandat syndical ou d’élu local.

J’ai déjà retiré mon dossier à la fac. Il s’agit de faire une « demande de recevabilité » (3), en y joignant des justificatifs de l’activité revendiquée. L’organisme a 2 mois pour répondre. Son silence vaut acceptation (4). Si la demande est recevable, les choses sérieuses commencent. Car il faut alors remplir un dossier de validation, qui lui permettra de vérifier ma motivation, l’état de mon savoir-faire et de mes connaissances. Enfin, je devrais convaincre un jury, composé de « représentants qualifiés des professions concernées » (1). J’espère ne pas tomber nez à nez avec des professionnels que j’aurais affrontés, comme l’avocat de la mairie, ou celui de la boîte de nuit d’en face… Si j’étais en activité, je solliciterais un congé correspondant à 24 heures de travail à mon employeur, ainsi qu’une prise en charge financière. Car les frais ne sont pas négligeables. La seule inscription au diplôme coûte entre plusieurs centaines et quelques milliers d’euros, selon les cas. Mais je suis à la retraite, je fais cela juste pour asseoir ma légitimité dans le quartier et rabattre le caquet de quelques médisants ! J’ai bon espoir d’avoir le jury à l’usure. Et si le master en droit m’est refusé, cela n’est pas grave. À force de couper les cheveux en quatre, je pourrai toujours décrocher un CAP de coiffure.

Source : Le figaro – 23/11/2018

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