Ils sont au cœur des besoins humains et sociaux, directement impactés par les évolutions :

  • structurelles de la société,
  • démographiques avec notamment le vieillissement de la population et les pathologies associées,
  • sociétales avec l’évolution des modes de vie (besoins en garde d’enfants …), l’émergence de nouvelles pauvretés, et l’amélioration de la prise en charge des personnes fragiles.

451 140 personnes en 2014, soit un actif sur sept, exercent un métier sanitaire ou social en Auvergne-Rhône-Alpes (2 fois plus nombreux que les actifs du secteur de la construction par exemple).

Ajoutées aux évolutions structurelles, démographiques et sociétales, les prochaines vagues de départs à la retraite vont accroître les besoins en professionnels. Ainsi, sur les cinq dernières années, leur nombre a augmenté de 2% par an, contre seulement 0,5% pour l’ensemble des métiers en région. Les filières les plus concernées sont la filière rééducation et réadaptation (+3,5%), devant celle des soins (+2,6%) et la filière éducative (+2,4%)*.

D’ici 2022, les aides à domicile seront parmi les métiers les plus créateurs d’emploi (32 100 postes dont 44% de créations), devant les aides-soignants (31 100 postes dont 49% de créations), les infirmiers (30 200 postes dont 45% de créations), les assistantes maternelles (21 300 dont 24% de créations) et les professions paramédicales (17 400 dont 50% de créations).

Une enquête de Pôle Emploi révèle que les employeurs à 59% attachent plus d’importance aux compétences comportementales (soft skills dans le langage RH) qu’aux diplômes.

Quelles sont ces compétences ? Savoir s’adapter, être autonome, capacité à s’organiser, être assidu, ponctuel sont parmi les compétences comportementales attendues. «La personnalité des candidats, leur intelligence émotionnelle, leur empathie sont des éléments de plus en plus capitaux dans les process de recrutement». Par ex, u informaticien qui a de l’empathie, cela vaut de l’or!

De nombreux employeurs se plaignent de leurs difficultés à trouver des candidats avec ce savoir être. Fort de ce constat, Pôle Emploi envisage de former « au savoir être » 20 000 demandeurs d’emploi en 2018 et 80 000 en 2019.

Le Fafsea en partenariat avec les Echos et Bva, publie une enquête menée auprès de de 1 500 personnes de 15 à 64 ans sur leur perception de la formation professionnelle. L’argent est le troisième frein cité par les personnes qui ne souhaitent pas se former, après le manque de besoin ou d’utilité de la formation et le manque d’information sur l’offre. D’ailleurs, le « sentiment d’information » sur la formation « reste encore à améliorer ». Seulement quatre sondés sur dix se disent bien informés.

Financer soi même une partie de sa formation ?

Près des deux tiers (64 %) des personnes interrogées ne souhaitent pas contribuer au financement de leur formation s’ils devaient en suivre une. Ce « manque de moyens financiers » est logiquement mis davantage en avant par les ouvriers et les chômeurs (72 %).

Parmi les personnes prêtes à financer une fraction de leur formation, la moitié dépenserait moins de 500 euros. Seuls 10 % pourraient débourser 1 000 euros ou plus. Le coût d’une formation est sous-estimé par une « large majorité » des personnes se disant prêtes à en payer une partie.

Quels leviers ou freins pour se former ?

La réduction des délais de réponse à une demande de formation et la mise en place d’un conseil personnalisé à distance ou en présentiel.

Interrogés sur la possibilité de se former en dehors de leur temps de travail, les avis sont partagés :

* six répondants sur dix se disent favorables à cette mesure. Taux nettement supérieur chez les moins de 35 ans

* un tiers des personnes pensent que le développement de ce type de formations « renforcerait leur envie de suivre une formation

*34 % considéreraient une telle mesure comme un frein ».

Les modules 100 % à distance sont considérés comme un frein à leur projet pour deux tiers des Français.

Parmi les arbitrages rendus par le gouvernement sur la réforme de la formation, il y a le changement fondamental de la formalisation des droits à la formation en euros et non plus en heures sur le CPF. Cela pourrait amener certains salariés ou demandeurs d’emploi à contribuer au financement de leur projet de formation.

Peu connues, ces écoles représentent une véritable alternative aux lycées professionnels et à l’apprentissage et offre une insertion professionnelle presque garantie dans la majorité des cas. Les écoles de production proposent à des jeunes de se former à un métier en répondant à de vraies commandes d’entreprises.

Aujourd’hui, 25 écoles préparent en France plus de 750 élèves de 14 à 18 ans à des CAP, bac pro ou certifications professionnelles. Leur slogan: «faire pour apprendre». Ces écoles forment à une dizaine de métiers qui peinent à recruter, comme la menuiserie, l’usinage, la chaudronnerie, la restauration, les métiers du bois, paysagers ou encore le numérique.

2 exemples sur la région lyonnaise :

L’école Gorge-de-Loup à Lyon, spécialisée en mécanique

L’Eden School à Villeurbanne (Rhône), une école digitale et numérique pour les 14-18 ans, a ouvert ses portes en septembre.

http://www.liberation.fr/societe/2018/03/20/les-ecoles-de-production-alternative-a-l-apprentissage-veulent-prendre-leur-essor_1637582

 

L’idée était née en 2015 de la volonté d’encourager la formation dans les très petites entreprises, réticentes à laisser partir en stage leurs collaborateurs. Mais le programme Fest (Formation en situation de travail) va bien plus loin qu’une formation sur poste. Plus loin même que le tutorat.

Ce dispositif instaure une relation fructueuse entre un référent (lui-même dûment formé) et un apprenant. Le premier doit observer et analyser les pratiques du second, l’amener à exprimer lui-même ce qui pourrait être amélioré, afin de trouver de concert une façon d’agir plus efficace. L’idée a vite pris du champ, des TPE aux petites équipes, jusqu’à celles d’un groupe comme Enedis, par exemple. Avec des participants qui se sont pris au jeu de la proactivité.

L’Anact et la DGEFP réalisent une synthèse des expérimentations réalisées par les 11 Opca qui ont participé au projet, et qui sera présentée le 3 avril. Ce qui est jeu ? La reconnaissance de la Fest comme action de formation – le passage de la Fest à l’Afest (Action de formation en situation de travail -, mais aussi l’ouverture de la notion d’actions de formation et la reconnaissance du caractère formateur du travail, sous réserve qu’il soit organisé en ce sens).

http://www.actualite-de-la-formation.fr/rubriques/syntheses/votre-inffo-formation-no-940-est-disponible-en-ligne.html?

D’après S. Carcillo, économiste à l’OCDE et enseignant à Sciences Po, le compte personnel de formation crédité en euros représente une « avancée majeure ».

La réforme est ambitieuse, va dans le sens d’une plus grande transparence et d’une plus grande équité.

Au nombre des avancées :

*le fait que tous les organismes de formation devront être certifiés ce qui est le cas en Allemagne depuis 2000 permet de garantir une qualité de l’offre

*le CPF désormais crédité de 500€ permet à chacun de bénéficier des mêmes prestations

*les formations ne seront plus listées comme auparavant par branche d’activités mais toutes accessibles, ce qui offre un choix plus large.

Un professeur note des apprentis en boulangerie le 27 février 2007 au centre de formation des apprentis du Calvados à Caen. AFP PHOTO MYCHELE DANIAU / AFP PHOTO / MYCHELE DANIAU

En Belgique, de nombreux employés ont accès à des formations professionnelles variées, financées par leur employeur.

Informaticiens, logisticiens ou consultants, en Belgique, ils suivent des cours de gestion de projet, un samedi par mois. Dans le pays, 54% des salariés profitent au moins une fois par an d’une formation financée par leur employeur. La Belgique est ainsi l’un des meilleurs élèves européens en la matière.

« Si on stagne, on s’ennuie et si on s’ennuie, on part. L’entreprise a bien compris ce principe et offre des formations qui permettent l’évolution de l’employé« , estime Paul Huguet, participant à la formation ».

Des formations variées

Dans une chaîne de restauration rapide, par exemple, chaque mois, caissiers comme cadres peuvent suivre des cours de sécurité sanitaire ou de management, mais aussi des stages de théâtre ou de secourisme. Cette entreprise consacre 2.8% de sa masse salariale dans la formation professionnelle continue, c’est presque trois fois plus que dans une PME française.

Après de nombreuses réunions et l’étude de plusieurs pistes d’évolution, la ministre du travail a choisi de trancher sur les axes suivants :

  • simplifier l’accès à la formation par un accès numérique pour que le salarié choisisse directement sa formation
  • un budget de 500€ et de 800€ pour les publics non qualifiés allant jusqu’au cumul de 5000€ à 8000€
  • le renforcement de la fonction de Conseiller en Evolution Professionnelle (1 opérateur par région devrait être choisi)
  • la gouvernance totalement modifiée : c’est désormais l’URSSAF qui collectera les fonds au lieu des OPCA
  • une nouvelle agence « France Compétences » devrait être créée et aura la charge de réguler les prix et de veiller à la qualité des organismes de formation désormais dans l’obligation de posséder une certification
  • concernant les demandeurs d’emploi, l’arbitrage n’est pas encore définitif même si leurs droits devraient être renforcés pour aller dans le sens d’un développement des compétences.

Atlanta, n’est pas seulement la ville où Margaret Mitchell a écrit « Autant en emporte le vent » ou encore le lieu de la lutte pour les droits civiques des noirs …

Son agglomération grande comme l’Irlande prévoit encore de se développer, avec 1 million de personnes arrivées au cours des 10 dernières années et un million et demi supplémentaire prévus dans les 10 prochaines années.

Elle est également devenue un haut lieu de la formation professionnelle :

« Les universités ont affiné à l’extrême la formation de leurs étudiants en fonction des besoins du marché. “Grace, par exemple, à un programme baptisé Quick Start et financé par l’État de Géorgie, explique Tom Cunningham, une entreprise nationale ou internationale qui s’installe à Atlanta peut demander aux universités locales de créer un cursus personnalisé, qui formera de futurs employés exactement adaptés à ses besoins.”