Le CEREQ dans une étude récente a pointé que moins d’1/4 des TPE réalisent les entretiens professionnels (pourtant obligatoires depuis 2014) et encore moins de salariés auront sans doute bénéficié en six ans d’une formation certifiante ou d’une évolution professionnelle.

Dans le cadre de la loi sur « La liberté de choisir son avenir professionnel », les obligations de formation vont être renforcées. Dès lors, les entreprises comme les salariés ont à gagner dans la montée en compétences qui sert à la fois l’individuel et le collectif.

Utiliser le CPF, comme levier pour :

– une action de formation certifiante inscrite dans la liste (anglais, informatique …)

– un bilan de compétences, qui permet d’inventorier les compétences et d’ouvrir des pistes professionnelles

– une VAE qui permet de transformer l’expérience en diplôme

A noter, le CPF peut être mobilisé sans l’accord de l’entreprise à condition que l’action de formation soit réalisée en dehors du temps de travail.

Le site de recherche d’emploi Qapa a publié son classement des 5 métiers et secteurs qui recrutent le moins :

1 – Journaliste

2 – Documentaliste

3 – Employé de banque

4 – Imprimeur

5 – Artiste

En 2018, la formation de géographe est la moins porteuse, devant les arts du spectacle et les formations en cinéma et en audiovisuel.

Les 5 métiers / secteurs qui recrutent le plus : (pénurie de profils et obtention du BAC pas nécessaire pour tous ces métiers)

1 – Cariste

2 – Chauffeurs livreurs avec permis C ou EC

3 – Comptable

4 – Soudeur, tourneur-fraiseur, chaudronnier

5 – Technicien dans l’industrie

Les 3 régions à éviter :

1- La Corse

2 – Centre – Val de Loire

3 – Bourgogne Franche-Comté

Quelques chiffres :

48 890 apprentis en 2017

83 CFA

787 formations conventionnées

30% de femmes

Objectif 2021 : 55 000 apprentis

Plan d’action :

Favoriser et faciliter le recours à l’apprentissage par les entreprises,

Adapter l’offre de formation aux besoins du marché du travail,

Orienter les jeunes vers l’apprentissage.

Courant mai, la CCI Auvergne-Rhône-Alpes, qui œuvre également pour le développement de l’apprentissage, une des pistes pour lutter contre le chômage des jeunes, a elle aussi lancé son site internet (www.jerecrute1apprenti.fr) dont la vocation est d’accompagner les entreprises de façon personnalisée.

 

8 employeurs sur 10 pensent qu’ils auront du mal à recruter dans les métiers suivants :

  1. Couvreur-zingueur qualifiés,
  2. chaudronniers, tôliers, traceurs, serruriers, métalliers, forgerons qualifiés,
  3. carrossiers automobiles,
  4. aides à domicile, aides ménagères,
  5. plombiers, chauffagistes,
  6. dessinateurs en bâtiment et en travaux publics,
  7. bouchers,
  8. professionnels paramédicaux (masseurs-kinésithérapeutes, diététiciens…),
  9. mécaniciens et éléctroniciens de véhicules,
  10. ouvriers qualifiés de la maintenance en éléctricité et en électronique,
  11. dessinateurs en mécanique et travail des métaux,
  12. ouvriers qualifiés travaillant par enlèvement de métal (moulistes, usineurs…),
  13. chefs de chantier, conducteurs de travaux,
  14. conducteurs routiers et grands routiers,
  15. ouvriers qualifiés de la maintenance en mécanique.

L’heure est à la rupture et à l’innovation. Une récente étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « Automatisation, compétences et formation » « , a évalué l’impact de cette « révolution » sur l’emploi.

Elle estime que les emplois de 66 millions de travailleurs des trente-deux pays observés sont fortement automatisables, soit 14 % environ du total. Et 32 % d’autres emplois exigeront de nouvelles compétences pour 50 % à 70 % de leur activité.

Le rythme de la formation professionnelle doit donc suivre et s’adapter aux enjeux de transformation des métiers. Dans les entreprises, la réflexion est ouverte pour s’interroger sur les nouvelles manières de faire et de préparer le futur face à l’accélération portée par le numérique.

http://www.lemonde.fr/emploi/article/2018/04/30/le-big-bang-des-reformes-macron_5292706_1698637.html

Une certification unique et obligatoire au 1er janvier 2021 pour tous les organismes de formation. France compétences (qui remplacera le CNEFOP, conseil national de l’emploi, de la compétence et de l’orientation professionnelle ) sera chargée de rédiger un référentiel national. La nouveauté est que les certificateurs devront être accrédités par le Cofrac (comité français d’accréditation).

Une offre de formation « élargie, rénovée, plus ouverte » qui va intégrer le bilan de compétences, la VAE, mais aussi des actions de formation « innovantes », comme les Mooc, le Digital Learning ainsi que la formation en situation de travail (Fest).

L’offre de formation va considérablement changer, passant d’une logique d’heure de formation à une logique de résultat ». par le biais d’un CPF monétisé.

Des questions toutefois demeurent en suspens et mériteront d’être éclairées dans un proche avenir.

Une étude du ministère du Travail (DARES) s’est penchée sur le bien-être psychologique éprouvé dans le monde professionnel, selon les métiers. Elle a retenu des critères positifs comme la reconnaissance, l’autonomie, le soutien social… et négatifs avec des éléments tels que le bruit, les conflits, l’intensité, l’insécurité… La rémunération n’a pas été prise en compte.

Ce qu’il faut en retenir :

Frustrated and overworked businessman burying his head uner a laptop computer asking for help

  • le métier de cuisinier arrive en tête avec horaires difficiles, intenses, et des environnements de travail confinés dans le bruit et les odeurs. Dans la même veine, les métiers de la restauration et de l’hôtellerie arrivent juste derrière (serveurs, maîtres d’hôtel, sommeliers et employés de l’hôtellerie), eux aussi «exposés au bruit et à un manque d’autonomie» indique l’étude.
  • Les aides-soignantes arrivent en 3ème position, tandis que les infirmiers et sages-femmes suivent de près, à la neuvième place du podium. Des métiers pourtant indispensables pour faire tourner la machine médicale. Horaires décalés, manque de reconnaissance, fatigue, insécurité et charge émotionnelle, les professionnels du métier souffriraient d’un cumul de difficultés «(d)’ordres, physiques, organisationnels et psychosociaux, et un bien-être psychologique fortement dégradé» précise l’étude.
  • Bouchers, charcutiers et boulangers, se tiennent en quatrième position du classement. Trois professions pourtant remises au goût du jour, et qui attirent de plus en plus les nouvelles générations en quête d’artisanat, mais qui connaissent diverses difficultés comme des horaires décalés pour les boulanger (première fournée généralement préparée à 4 heures du matin!) ou «la pénibilité physique» pour les bouchers-charcutiers qui doivent couper de très grosses pièces de viandes.
  • Les employés de banque et d’assurances arrivent enfin à la cinquième place. En partie menacées de disparition par le développement de l’informatique, l’étude indique que ces professions sont souvent «intenses et peu reconnues, avec de nombreux conflits éthiques (…), du bruit, des problèmes de conciliation» et une très faible autonomie.

La liste des métiers peu favorables au bien-être psychologique est encore longue. Ouvriers (BTP, métallurgie…), agriculteurs, éleveurs, bucherons, caissiers et agents de sécurité, suivent de près les cinq précédentes professions évoquées. Là encore les maux ne manquent pas. Solitude, répétitivité, bruits, insécurité, manque d’autonomie, accidents… «un cumul d’expositions», indique l’étude pour «des métiers ouvriers majoritairement masculins», qui regroupent environ un actif sur dix en emploi.

L’AFPA, l’agence pour la formation professionnelle des adultes, créée en 1949 et connaît des difficultés depuis plusieurs années, cumulant « 100 millions de déficit structurel par année » selon M. Pénicaud, Ministre du travail. En 2012, en raison du transfert de la commande publique aux régions en 2004 et de l’ouverture du marché à la concurrence, l’AFPA a évité de peu la cessation de paiement .

Le prochain chantier de la ministre du travail sera donc de repenser le modèle de l’AFPA pour lui donner une vision, une visibilité et un plan stratégique de long terme ; il faudra également que l’AFPA qui compte 8000 salariés « soit concentrée sur des missions de service public qui font sens. »

Créer des laboratoires pour inventer les nouveaux métiers et les formations qu’ils nécessitent, favoriser l’apprentissage par le numérique à l’université et tout au long de la vie : le rapport Taddei (directeur du centre de recherches interdisiciplinaires (CRI) formule trente propositions dont voici quelques extraits :

-Ouvrir des « tiers-lieux physiques et numériques pour faciliter les échanges de connaissances », organiser – comme à Singapour ou en Scandinavie – « une fête de “l’apprendre” pour célébrer tous les apprentissages », bâtir un campus numérique » national pouvant fédérer les apports de chaque université…

-Dessiner un projet de formation tout au long de la vie fondé sur des outils en ligne, et qui s’appuierait sur la mise en place progressive d’un « service public de la société apprenante ». Chaque citoyen disposerait aussi d’un numéro d’apprenant et d’un carnet qui permettrait d’obtenir des « open badges » (certification en ligne), facilitant la Validation des acquis de l’expérience (VAE).

-Personnaliser les parcours à l’université. Le blended learning, qui mêle numérique et présentiel, est connu pour faciliter les apprentissages », dit le rapport. Pour favoriser la réussite en licence, il recommande aussi de proposer « des parcours plus personnalisés et donc mieux adaptées à la diversité des profils, des motivations » : de nouveaux cursus universitaires intégrant des dispositifs pédagogiques innovants. « Cette personnalisation pourra s’appuyer sur une combinaison, adaptée à chacun, de mentorat (accompagnement et tutorat), de stages, de pédagogie de projet, d’engagement étudiant, de contenus numériques, de cours, de MOOC (cours en ligne), de portfolios (dossier retraçant les acquis et les compétences), de suppléments aux diplômes, de carnets de l’apprenant, d’open badges ou de VAE réinventée ».

Le numérique dans les années à venir va considérablement modifier un certain nombre de métiers dans l’industrie et cette évolution est anxiogène pour de nombreux salariés.

Il y a un énorme besoin de formation mais il n’existe pas de catalogue de compétences tout fait, selon Marylise Léon, secrétaire nationale de la CFDT

Chaque entreprise devra s’adapter avec l’aide de DRH, qui valorisent souvent plus le diplôme que les compétences. La clé de cette adaptation réside bel et bien dans la capacité à trouver les compétences multiples chez les salariés qui permettront d’enrichir l’organisation du travail de l’entreprise.