La réforme professionnelle a impulsé de nombreux changements dans le domaine de la formation professionnelle, parmi lesquels la transformation des OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés) en OPCO (opérateurs de compétences).

3 mois de négociation leur sont laissés pour parvenir à se mettre d’accord pour une réduction du nombre d’opérateurs de 20 à 11 d’ici fin mars 2019.

Les nouveaux OPCO continueront d’assumer leur mission de financement jusqu’au 31/12/2019. Ils conservent leur agrément jusqu’au 1er janvier 2019, puis bénéficient d’un agrément transitoire jusqu’au 31 mars 2019. Les nouveaux opérateurs de compétence ont jusqu’au 1er juin 2019 pour se constituer. Passé cette date, c’est l’autorité administrative qui constituera les opérateurs de compétences.

Leurs nouvelles missions plus transversales seront :

  • Assurer une partie du financement des formations ; 
  • Aider les entreprises à établir la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ;
  • Accompagner les organismes de formation du secteur à obtenir leur certification ; 
  • Devenir un observatoire de la transition et de la formation professionnelle ;
  • Accompagner les très petites et moyennes entreprises dans la création de leur plan de formation.

 

Le PIC est un Plan d’Investissement dans la Compétences de 15 milliards d’euros sur le quinquennat d’E. Macron.  Ce plan ne se limite pas à l’objectif quantitatif de former 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et d’1 million de jeunes éloignés du travail. Il complète la réforme de la formation professionnelle engagée par la loi du 5 septembre 2018. « Nous travaillons sur des approches innovantes, la qualité des formations et la simplification du système ».

Il est organisé autour de 3 axes :

Anticiper le besoin en compétences : les branches, notamment dans l’industrie ou l’économie solidaire, se sont regroupées pour y répondre. A ce jour, 10 projets ont été retenus. D’autres appels à projets portant sur le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies d’analyse des data emploi seront ouverts dans un second temps. Une enveloppe de 160 millions d’euros sera ainsi consacrée à l’analyse des besoins en compétences.

 

Les pactes régionaux : les Régions concentrent près de la moitié des crédits des budgets. En 2018, 148 000 parcours de formation ont été financés. Sur la période 2019 – 2022, les pactes régionaux devraient être signés d’ici la fin de l’année. Pôle emploi sera chargé de déployer ces actions dans les Régions qui auront choisi de ne pas les signer. le Pic intègre les dimensions d’orientation, d’accompagnement, de remise à niveau et d’innovation pédagogique autour d’une approche parcours, dont le forfait moyen est porté à 8 500 euros contre 3 000 euros sous le précédent quinquennat.

Expérimenter et évaluer : le Pic cherche également à promouvoir l’innovation sur le marché de la formation. Son évaluation est confiée à un comité scientifique indépendant doté d’un budget de 18 millions d’euros. Il a commencé à travailler sur les protocoles d’évaluation en concertation avec les Régions. La consigne est claire : dynamiser l’innovation pédagogique, mesurer ses impacts et, si besoin, réajuster.

Ce plan social d’envergure est une dernière tentative pour sauver L’Afpa, premier organisme public de formation des chômeurs et des salariés, créé en 1949. Ce plan attendu depuis plusieurs mois prévoit la fermeture de 38 sites sur 206 ainsi que la suppression nette de 938 postes sur 6773 d’ici 2020.

«C’est un plan de transformation pour donner un avenir à l’Afpa car la situation est intenable aujourd’hui« , a indiqué la directrice générale de l’organisme, Pascale d’Artois.

L’Afpa n’a pas réussi à s’adapter à l’ouverture du marché de la formation à la concurrence et à la décentralisation de la commande publique de formation des chômeurs au niveau des régions dans les années 2000. Renfloué à plusieurs reprises par l’État pour éviter de tomber en cessation de paiement, l’organisme a cumulé 723 millions d’euros de pertes entre 2012 et 2016. Avec ce plan, la direction vise à l’équilibre d’exploitation en deux ans (2019 et 2020).

Si la direction prévoit la suppression de 1.541 postes en CDI incluant 600 départs à la retraite, 603 nouveaux postes seront créés pour mieux répondre aux enjeux.

Afin de rendre l’organisme plus compétitif, la direction veut aussi renforcer son action auprès des personnes les plus éloignées de l’emploi en jouant davantage sur l’accompagnement et en adaptant davantage son offre de formation aux commandes des régions et aux besoins des entreprises.

Les robots détruiront-ils nos emplois ou nous permettront-ils d’en créer de nouveaux ? Les deux apparemment, avec un impact final qui reste à définir.

Les emplois ne se perdent pas, ils se transforment.

« Les transformations liées à la ‘quatrième révolution industrielle’, si elles sont correctement mises en œuvres, pourraient nous guider vers un nouvel âge de bon travail, de meilleurs emplois, et d’une qualité de vie accrue pour tous », estiment les chercheurs du WEF. Soulagement, donc… Pour quelques lignes seulement. « Si elles sont mal mises en œuvre, ces transformations présentent le risque d’accentuer les inégalités et d’élargir les écarts de qualifications entre les travailleurs », met ainsi en garde le rapport.

Un rapport du Forum économique mondial (WEF) estime que 54% des travailleurs auraient besoin d’une requalification ou d’une formation professionnelle supplémentaire. Seulement, la majorité des entreprises interrogées disent n’avoir l’intention d’offrir ces formations qu’à leurs employés occupant les plus hauts postes, et les rôles clefs. « En d’autres termes, explique l’étude, ceux qui auraient le plus besoin de requalification sont les moins susceptibles d’en recevoir. »

Il revient aux gouvernements d’investir largement dans l’éducation et la formation professionnelle, conclut le rapport, pour permettre au plus grand nombre de travailleurs possible d’être requalifiés… Et de pouvoir s’adapter « aux nouvelles réalités de la quatrième révolution industrielle ».

Il revient aux gouvernements d’investir largement dans l’éducation et la formation professionnelle, conclut le rapport, pour permettre au plus grand nombre de travailleurs possible d’être requalifiés… Et de pouvoir s’adapter « aux nouvelles réalités de la quatrième révolution industrielle ».

Sauf changement, le gouvernement devrait décider que, dans le cadre de la monétisation des CPF, les heures acquises seront converties selon un taux horaire fixé à 14,28 euros. Autrement dit, une heure de formation disponible sur le CPF va valoir 14,28 euros.

Un projet de décret devrait être envoyé aux partenaires sociaux prochainement. «C’est ce que nous avons annoncé et nous le ferons. Nous n’avons aucune raison de le (ce taux de conversion, NDLR) changer», explique une source du ministère du Travail. Voilà qui devrait faire grincer des dents du côté des organismes de formation. Pour certains, ce taux de conversion n’est pas suffisant et ne correspond pas aux tarifs pratiqués sur le marché. Par exemple, pour obtenir le TOEIC (certification en langue anglaise) ou le TOSA(certification bureautique et compétences digitales), l’heure de formation est généralement supérieure à 20 euros et peut même atteindre 50 euros. Mais du côté du ministère du Travail, on insiste: aujourd’hui, le coût moyen d’une heure de formation au titre du CPF est d’environ 12 euros.

À partir de 2019, ce CPF sera crédité chaque année de 500 euros (plafonné à 5000 euros) de crédit de formation et de 800 euros pour les salariés peu qualifiés (plafonné à 8000 euros). Les individus pourront ainsi choisir la formation de leur choix en payant directement l’organisme. Et ce, via une application mobile qui doit être effective à l’automne 2019.

La monétisation du CPF à compter du 1er janvier 2019 va transformer le rapport à la formation. Le but affiché est de faciliter l’accès à la formation et simultanément de rendre davantage autonomes les salariés dans leurs choix d’orientation professionnelle ou de montée en compétences.

36 % des adultes français bénéficient chaque année d’une formation contre 53 % en Allemagne et plus de 60 % dans les pays nordiques.

Si actuellement, l’heure de formation est financée à hauteur de 40€ par les OPCA, la conversion pourrait se faire sur la base de 14,28€ ce qui représenterait une perte importante pour les salariés.

Une formation certifiante de qualité, qu’elle concerne l’anglais professionnel, les compétences digitales, le management de projet ou la conduite d’engins de chantier, coûte entre 25 et 50 euros TTC de l’heure en moyenne. La qualité a un coût et notamment pour l’offre de formation la plus innovante.

Le système éducatif suisse est présent dans la société, de l’école jusqu’à l’emploi.

L’un de ses piliers repose sur la formation professionnelle à laquelle les jeunes sont éveillés dès l’âge de 12 ans : à l’issue de la scolarité obligatoire, les deux tiers choisissent cette voie d’excellence qui les prépare aux meilleures carrières professionnelles.

Si l’enseignement supérieur à une réputation internationale (l’école polytechnique de Lausanne par ex), la formation continue de très haute qualité n’est pas en reste. Elle permet de stimuler les carrières professionnelles sans  » sans culte totémique du diplôme national « «d’après François Garçon, spécialiste de la Suisse qui ironise sur l’habitude des Français d’indiquer les diplômes du défunt dans les notices nécrologiques.

Ce cocktail sain conduit la Suisse à se placer en tête des classements internationaux en matière d’innovation et d’accueillir des géants mondiaux comme Nestlé, Novartis ou Roche.

Certes la vie suisse est chère et le pays compte 530 000 pauvres, mais les inégalités restent contenues et le revenu médian de plus de 5 500 € (contre 1700 € en France)

Selon une enquête du Drees, du 14 juin 2018, les EHPAD sont de plus en plus confrontés à des problèmes de recrutement sur les postes d’aides-soignantes et de médecins coordinateurs, le secteur privé est un peu plus touché par cette problématique (49% contre 38% dans le public) tout comme les zones rurales.

Le milieu des EHPAD emploient 430 000 personnes et le vieillissement de la population ne va qu’accentuer les besoins et la demande en personnel qualifié.

Si la formation aux métiers du soin et de la santé est une première voie de professionnalisation, la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est une alternative insuffisamment connue et utilisée tant par les salariés que par les employeurs qui ont tout à y gagner.

La réforme sur la formation professionnelle prévoit de transformer le Compte Personnel Formation (CPF), initialement abondé en heures en euros.

Ce que prévoit le projet de loi :

Tous les salariés bénéficieront à l’année d’un crédit de 500€ avec un abondement maxi de 5000€

Les publics non diplômés et faiblement qualifiés auront un crédit de 800€ dans une limite de cumul de 8000€.

Toutefois, le point épineux est la conversion du CPF pour début 2019 qui se fera au taux horaire de 14,28€ contre 41€ aujourd’hui grâce à l’abondement des OPCA (organismes financeurs). Un salarié avec un CPF plein au 31/12/2018 se verra créditer la somme de 2200€ alors que sa valeur actuelle est d’environ 6000€. Il semblerait donc judicieux que les salariés ayant un projet de formation n’attendent pas et mobilisent d’ores et déjà leur CPF pour valoriser les heures acquises au titre de leur droit à la formation !