Les robots détruiront-ils nos emplois ou nous permettront-ils d’en créer de nouveaux ? Les deux apparemment, avec un impact final qui reste à définir.

Les emplois ne se perdent pas, ils se transforment.

« Les transformations liées à la ‘quatrième révolution industrielle’, si elles sont correctement mises en œuvres, pourraient nous guider vers un nouvel âge de bon travail, de meilleurs emplois, et d’une qualité de vie accrue pour tous », estiment les chercheurs du WEF. Soulagement, donc… Pour quelques lignes seulement. « Si elles sont mal mises en œuvre, ces transformations présentent le risque d’accentuer les inégalités et d’élargir les écarts de qualifications entre les travailleurs », met ainsi en garde le rapport.

Un rapport du Forum économique mondial (WEF) estime que 54% des travailleurs auraient besoin d’une requalification ou d’une formation professionnelle supplémentaire. Seulement, la majorité des entreprises interrogées disent n’avoir l’intention d’offrir ces formations qu’à leurs employés occupant les plus hauts postes, et les rôles clefs. « En d’autres termes, explique l’étude, ceux qui auraient le plus besoin de requalification sont les moins susceptibles d’en recevoir. »

Il revient aux gouvernements d’investir largement dans l’éducation et la formation professionnelle, conclut le rapport, pour permettre au plus grand nombre de travailleurs possible d’être requalifiés… Et de pouvoir s’adapter « aux nouvelles réalités de la quatrième révolution industrielle ».

Il revient aux gouvernements d’investir largement dans l’éducation et la formation professionnelle, conclut le rapport, pour permettre au plus grand nombre de travailleurs possible d’être requalifiés… Et de pouvoir s’adapter « aux nouvelles réalités de la quatrième révolution industrielle ».

 

Sauf changement, le gouvernement devrait décider que, dans le cadre de la monétisation des CPF, les heures acquises seront converties selon un taux horaire fixé à 14,28 euros. Autrement dit, une heure de formation disponible sur le CPF va valoir 14,28 euros.

Un projet de décret devrait être envoyé aux partenaires sociaux prochainement. «C’est ce que nous avons annoncé et nous le ferons. Nous n’avons aucune raison de le (ce taux de conversion, NDLR) changer», explique une source du ministère du Travail. Voilà qui devrait faire grincer des dents du côté des organismes de formation. Pour certains, ce taux de conversion n’est pas suffisant et ne correspond pas aux tarifs pratiqués sur le marché. Par exemple, pour obtenir le TOEIC (certification en langue anglaise) ou le TOSA(certification bureautique et compétences digitales), l’heure de formation est généralement supérieure à 20 euros et peut même atteindre 50 euros. Mais du côté du ministère du Travail, on insiste: aujourd’hui, le coût moyen d’une heure de formation au titre du CPF est d’environ 12 euros.

À partir de 2019, ce CPF sera crédité chaque année de 500 euros (plafonné à 5000 euros) de crédit de formation et de 800 euros pour les salariés peu qualifiés (plafonné à 8000 euros). Les individus pourront ainsi choisir la formation de leur choix en payant directement l’organisme. Et ce, via une application mobile qui doit être effective à l’automne 2019.

La monétisation du CPF à compter du 1er janvier 2019 va transformer le rapport à la formation. Le but affiché est de faciliter l’accès à la formation et simultanément de rendre davantage autonomes les salariés dans leurs choix d’orientation professionnelle ou de montée en compétences.

36 % des adultes français bénéficient chaque année d’une formation contre 53 % en Allemagne et plus de 60 % dans les pays nordiques.

Si actuellement, l’heure de formation est financée à hauteur de 40€ par les OPCA, la conversion pourrait se faire sur la base de 14,28€ ce qui représenterait une perte importante pour les salariés.

Une formation certifiante de qualité, qu’elle concerne l’anglais professionnel, les compétences digitales, le management de projet ou la conduite d’engins de chantier, coûte entre 25 et 50 euros TTC de l’heure en moyenne. La qualité a un coût et notamment pour l’offre de formation la plus innovante.

Le système éducatif suisse est présent dans la société, de l’école jusqu’à l’emploi.

L’un de ses piliers repose sur la formation professionnelle à laquelle les jeunes sont éveillés dès l’âge de 12 ans : à l’issue de la scolarité obligatoire, les deux tiers choisissent cette voie d’excellence qui les prépare aux meilleures carrières professionnelles.

Si l’enseignement supérieur à une réputation internationale (l’école polytechnique de Lausanne par ex), la formation continue de très haute qualité n’est pas en reste. Elle permet de stimuler les carrières professionnelles sans  » sans culte totémique du diplôme national « «d’après François Garçon, spécialiste de la Suisse qui ironise sur l’habitude des Français d’indiquer les diplômes du défunt dans les notices nécrologiques.

Ce cocktail sain conduit la Suisse à se placer en tête des classements internationaux en matière d’innovation et d’accueillir des géants mondiaux comme Nestlé, Novartis ou Roche.

Certes la vie suisse est chère et le pays compte 530 000 pauvres, mais les inégalités restent contenues et le revenu médian de plus de 5 500 € (contre 1 700 € en France).

Selon une enquête du Drees, du 14 juin 2018, les EHPAD sont de plus en plus confrontés à des problèmes de recrutement sur les postes d’aides-soignantes et de médecins coordinateurs, le secteur privé est un peu plus touché par cette problématique (49% contre 38% dans le public) tout comme les zones rurales.

Le milieu des EHPAD emploient 430 000 personnes et le vieillissement de la population ne va qu’accentuer les besoins et la demande en personnel qualifié.

Si la formation aux métiers du soin et de la santé est une première voie de professionnalisation, la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est une alternative insuffisamment connue et utilisée tant par les salariés que par les employeurs qui ont tout à y gagner.

La réforme sur la formation professionnelle prévoit de transformer le Compte Personnel Formation (CPF), initialement abondé en heures en euros.

Ce que prévoit le projet de loi :

Tous les salariés bénéficieront à l’année d’un crédit de 500€ avec un abondement maxi de 5000€

Les publics non diplômés et faiblement qualifiés auront un crédit de 800€ dans une limite de cumul de 8000€.

Toutefois, le point épineux est la conversion du CPF pour début 2019 qui se fera au taux horaire de 14,28€ contre 41€ aujourd’hui grâce à l’abondement des OPCA (organismes financeurs). Un salarié avec un CPF plein au 31/12/2018 se verra créditer la somme de 2200€ alors que sa valeur actuelle est d’environ 6000€. Il semblerait donc judicieux que les salariés ayant un projet de formation n’attendent pas et mobilisent d’ores et déjà leur CPF pour valoriser les heures acquises au titre de leur droit à la formation !

Le CEREQ dans une étude récente a pointé que moins d’1/4 des TPE réalisent les entretiens professionnels (pourtant obligatoires depuis 2014) et encore moins de salariés auront sans doute bénéficié en six ans d’une formation certifiante ou d’une évolution professionnelle.

Dans le cadre de la loi sur « La liberté de choisir son avenir professionnel », les obligations de formation vont être renforcées. Dès lors, les entreprises comme les salariés ont à gagner dans la montée en compétences qui sert à la fois l’individuel et le collectif.

Utiliser le CPF, comme levier pour :

– une action de formation certifiante inscrite dans la liste (anglais, informatique …)

– un bilan de compétences, qui permet d’inventorier les compétences et d’ouvrir des pistes professionnelles

– une VAE qui permet de transformer l’expérience en diplôme

A noter, le CPF peut être mobilisé sans l’accord de l’entreprise à condition que l’action de formation soit réalisée en dehors du temps de travail.

Le site de recherche d’emploi Qapa a publié son classement des 5 métiers et secteurs qui recrutent le moins :

1 – Journaliste

2 – Documentaliste

3 – Employé de banque

4 – Imprimeur

5 – Artiste

En 2018, la formation de géographe est la moins porteuse, devant les arts du spectacle et les formations en cinéma et en audiovisuel.

Les 5 métiers / secteurs qui recrutent le plus : (pénurie de profils et obtention du BAC pas nécessaire pour tous ces métiers)

1 – Cariste

2 – Chauffeurs livreurs avec permis C ou EC

3 – Comptable

4 – Soudeur, tourneur-fraiseur, chaudronnier

5 – Technicien dans l’industrie

Les 3 régions à éviter :

1- La Corse

2 – Centre – Val de Loire

3 – Bourgogne Franche-Comté

Quelques chiffres :

48 890 apprentis en 2017

83 CFA

787 formations conventionnées

30% de femmes

Objectif 2021 : 55 000 apprentis

Plan d’action :

Favoriser et faciliter le recours à l’apprentissage par les entreprises,

Adapter l’offre de formation aux besoins du marché du travail,

Orienter les jeunes vers l’apprentissage.

Courant mai, la CCI Auvergne-Rhône-Alpes, qui œuvre également pour le développement de l’apprentissage, une des pistes pour lutter contre le chômage des jeunes, a elle aussi lancé son site internet (www.jerecrute1apprenti.fr) dont la vocation est d’accompagner les entreprises de façon personnalisée.

8 employeurs sur 10 pensent qu’ils auront du mal à recruter dans les métiers suivants :

  1. Couvreur-zingueur qualifiés,
  2. chaudronniers, tôliers, traceurs, serruriers, métalliers, forgerons qualifiés,
  3. carrossiers automobiles,
  4. aides à domicile, aides ménagères,
  5. plombiers, chauffagistes,
  6. dessinateurs en bâtiment et en travaux publics,
  7. bouchers,
  8. professionnels paramédicaux (masseurs-kinésithérapeutes, diététiciens…),
  9. mécaniciens et éléctroniciens de véhicules,
  10. ouvriers qualifiés de la maintenance en éléctricité et en électronique,
  11. dessinateurs en mécanique et travail des métaux,
  12. ouvriers qualifiés travaillant par enlèvement de métal (moulistes, usineurs…),
  13. chefs de chantier, conducteurs de travaux,
  14. conducteurs routiers et grands routiers,
  15. ouvriers qualifiés de la maintenance en mécanique.