Il n’y a pas que la France qui connaît des difficultés pour recruter dans l’enseignement.

En Allemagne, 30000 enseignants sans  diplôme d’enseignement classique ont été recrutés en 2018. Outre-Rhin, les professeurs du primaire et du secondaire doivent normalement passer deux examens d’État et réaliser un stage d’au moins un an et demi. La plupart de ces professeurs atypiques bénéficient toutefois d’une semaine de préparation avant d’être jetés dans le bain, souvent seuls, devant les élèves. En parallèle, ils suivent des cours de pédagogie.

10000 postes restent toutefois vacants faute de postulants, particulièrement en allemand, sciences naturelles et langues étrangères.

Pour combler les plannings et éviter d’augmenter le nombre d’élèves par classe, les autorités berlinoises multiplient les initiatives: appel à des enseignants à la retraite, passage facilité d’un mi-temps à un temps plein, et – nouveauté de cet été – embauche d’étudiants en cours d’obtention de leur diplôme d’enseignant. Ils peuvent enseigner jusqu’à 14 heures par semaine, soit moins d’un mi-temps en Allemagne pour 1 500 €.

En cause, une démographie vieillissante et le départ chaque année de 20000 professeurs, un boom de la natalité et l’arrivée d’un million et demi de migrants depuis 2015.

Alors que le gouvernement a défendu sa réforme de l’accès à l’université par la volonté d’endiguer les « 60 % d’échec » en licence, une étude parue dans la revue Economie et statistique de l’INSEE montre que cette réussite dépend en partie du niveau acquis à la fin de l’école primaire.

Le devenir de 18 000 élèves entrés en classe de 6e en 1995 dont 8 000 ont débuté des études supérieures est analysé.

On sait que les bacheliers généraux obtiennent majoritairement la licence, contrairement aux bacheliers professionnels ou technologiques. Mais la réussite en licence diffère aussi au sein des bacheliers généraux, selon leurs parcours au collège et au lycée, et leur mention, etc. Le fait d’avoir redoublé au collège ou au lycée a clairement un impact. De fil en aiguille, on remonte jusqu’aux évaluations des élèves à l’entrée en 6een mathématiques et français. Et là, on s’aperçoit que les étudiants dont les résultats étaient faibles en fin de primaire sont certes peu nombreux à être parvenus jusqu’à l’université, mais quand c’est le cas, ils ont beaucoup moins souvent obtenu la licence. Autrement dit : les étudiants qui échouent à décrocher une licence sont beaucoup plus souvent des élèves aux acquis scolaires les plus fragiles… qui se trouvent rarement appartenir aux classes moyennes et supérieures ».

Lire en totalité l’articlehttps://www.lemonde.fr/campus/article/2018/06/21/reussite-en-licence-le-passe-scolaire-joue-plus-que-l-origine-sociale_5319187_4401467.html

 

Une étude publiée par l’OCDE, pointe plusieurs facteurs source d’inégalités  dans le monde de l’éducation en France :

-Les établissements défavorisés comptent à peine moins d’un quart d’enseignants certifiés alors que les établissements dits favorisés font le plein. D’autres pays tels que la Suisse, la Norvège ou la Slovénie sont dans une situation analogue.

-Autre facteur de taille pour notre pays, la formation des enseignants. Comparée avec les pays dont les systèmes éducatifs sont jugés parmi les plus performants (Finlande, Corée du Sud, Canada, etc.), les auteurs de l’étude ont identifié trois dynamiques communes une période « obligatoire et étendue d’expérience pratique » pendant la formation initiale ; des temps de formation continue calés sur les besoins des enseignants dans les établissements et, enfin, des mécanismes d’évaluation connectés à la formation continue. Le système français, cinq ans après la mise en chantier des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), ne partage que la première de ces trois caractéristiques.

-Enfin, l’étude plaide en faveur de l’autonomie des établissements, « à condition que cette autonomie soit accompagnée de vrais correctifs. » Autrement dit, d’une politique de péréquation budgétaire, que le contexte économique actuel ne favorise pas.

 

Dans une tribune au «Monde », le politiste Alain Garrigou soutient que l’absence de filtre à l’entrée des universités créé une autosélection par l’échec dès la première année d’études.

Extrait : Le mouvement étudiant du printemps 2018 a trouvé son mot d’ordre dans la dénonciation de la sélection à l’entrée de l’université. La loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE) qui prévoit une orientation – ou une sélection, tout est question de mots – interdirait aux étudiants de rentrer librement dans la filière de leur choix, quel que soit le baccalauréat. Mais la sélection existe déjà. Les étudiants mobilisés ne s’en seraient-ils donc pas aperçus ? Simplement, elle n’a pas lieu à l’entrée mais en première année d’études. Et elle est, dans une large mesure, une autosélection par échec anticipé ou sanctionné.

Les cours magistraux de première année commencent bien, comme on l’a souvent entendu, avec des amphithéâtres bondés. Mais cela ne dure pas. En quelques semaines, ils sont le lieu d’une débandade quasiment programmée : les rangs s’éclaircissent jusqu’à ne plus compter que quelques étudiants qui font figure d’irréductibles. Les travaux dirigés sont moins affectés parce qu’ils sont obligatoires et donnent lieu à un contrôle de présence. Au terme d’un processus rapide de décrochage, où les étudiants lâchent l’affaire parce que les cours magistraux les ennuient fortement, parce que leurs premières notes sont catastrophiques, parce qu’ils se font rappeler à l’ordre, parce qu’ils sont dissipés comme, on peut le dire, dans les écoles primaires, ils renoncent.

Ils ont tellement de bonnes raisons de le faire, ne serait-ce que l’étrangeté des mots et des choses dont un lointain orateur leur parle doctement et souvent tristement, derrière un micro dans une salle immense et froide. Certes, ils vont passer les examens parce qu’ils y sont obligés pour garder leur bourse. Ils rêvent devant une copie blanche, en attendant qu’une heure passe pour sortir de l’amphithéâtre. Cette sélection par l’échec est la pire car elle laisse souvent un goût amer : celui du ressentiment ou de la mésestime de soi.

Des copies d’examens accablantes

Les enseignants des universités le savent et s’en plaignent. L’accès non sélectif à l’université amène un grand nombre de bacheliers sans les qualifications minimales pour réussir des études universitaires. Ils le disent… entre eux. Notamment dans la période où ils doivent corriger les examens. Il faut avoir vu les milliers de copies que chacun a pu corriger dans une carrière pour être accablé par le niveau de beaucoup d’entre elles. Je dis bien accablé, car contrairement aux blagues de cancres, il est rare que l’on puisse se réjouir des bourdes commises. Dans ma carrière, j’en ai été alternativement en colère et démoralisé. Car les enseignants ne font pas leur métier pour punir. Il faut savoir combien il est agréable de lire une bonne copie. La pire corvée du métier en devient légère. Et nous faisons ce métier pour aider des jeunes.

On va me dire que quelques enseignants se sont montrés solidaires des étudiants mobilisés. Un soutien fort hypocrite, car ils se plaignent aussi du niveau général trop faible à leur gré. Ils ont d’autres raisons de se joindre au mouvement qui concernent leur carrière. Les universitaires n’ont jamais accompagné des mobilisations sociales qu’en se cachant derrière les rangs étudiants. Et si, dans l’ensemble, ils tiennent bon malgré tout, c’est surtout qu’ils ont adopté des stratégies de sauvetage individuel.

On leur bourre les amphithéâtres par des mutualisations (un cours magistral réunissant plusieurs formations). Ce n’est pas si grave de parler à 100 ou plus de 500 étudiants. Rappelons que les grands amphithéâtres peuvent contenir jusqu’à 800 étudiants et que le professeur ne peut pas voir clairement le public des derniers rangs. Evidemment, cela ne fait pas le même nombre de copies à corriger. Qu’à cela ne tienne, l’administration a offert les QCM (questionnaires à choix multiples) : aucune copie à corriger, l’ordinateur s’en charge. La pertinence de l’exercice pour raisonner en droit, en science économique ou en histoire ? On n’en parlera pas.

Et puis, plus anciens et gradés, les enseignants s’en sortent encore en concentrant leurs enseignements sur les formations à faible effectif, en fin de cursus, surtout dans les masters 2 où la sélection est instituée.

Le système éducatif finlandais se classe parmi les 10 meilleurs au niveau international et entend le rester ! Une réflexion est en cours pour une nouvelle approche qui supprimerait l’apprentissage des matières scolaires.

La ministre de l’Education à Helsinki, Marjo Kyllonen, explique ces changements de la façon suivante : “Il y a encore des écoles où l’on enseigne selon des méthodes anciennes, qui fonctionnaient au début du XXème siècle. Mais aujourd’hui les besoins ont évolué et nous devons créer quelque chose qui soit adapté au XXIème siècle“.

Au lieu d’avoir des matières distinctes, les élèves apprendront les événements et les phénomènes dans un cadre pluridiscipinaire. Par exemple, la Seconde Guerre Mondiale sera étudiée d’un point de vue historique, géographique et mathématique. Et pendant le cours ”Travail à la caféteria“, les élèves assimileront des connaissances complexes d’anglais, d’économie et de communication.

Ce système sera appliqué aux étudiants de dernier cycle, à partir de 16 ans. L’idée est que chaque élève choisisse le thème ou le phénomène qu’il souhaite étudier selon sa notion de leur utilité dans sa vie. De cette façon, les adolescents n’auront pas à étudier des cursus complets de physique ou de chimie en se posant cette éternelle question : “A quoi bon apprendre tout ça?” ou ”Pourquoi ai-je besoin de savoir ça?“

Le format traditionnel ”professeur-élève » va également évoluer. Les étudiants ne seront plus assis derrière leurs tables en attendant qu’on les interroge. A la place, le travail en petites équipes et l’explication de problèmes seront développés.

Le système éducatif finlandais encouragera le travail en équipe, si bien que les transformations du travail concerneront aussi les professeurs. La réforme scolaire va requérir plus d’interaction entre les professeurs des différentes matières. Environ de 70% de tous les professeurs d’Helsinki ont déjà suivi une préparation pour savoir exposer l’information sous cette forme, et leur salaire sera revu à la hausse.

Le système sera complètement rénové à l’horizon 2020.

Les universités sont loin d’être « à feu et à sang ». Pour l’instant, une minorité d’établissements sont perturbés par ce mouvement. Ils étaient une dizaine la semaine dernière, et une quinzaine en cette fin de semaine. Quatre universités sont entièrement bloquées : Jean-Jaurès à Toulouse, Paul-Valéry à Montpellier, Rennes-II et Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis). Ailleurs, seuls des sites ou des bâtiments sont bloqués, à l’instar du campus de Tolbiac à Paris-I, de certains bâtiments de l’université de Nanterre ou encore de Grenoble.

Au centre de ce qui cristallise le mécontentement, la loi Orientation et réussite des étudiants qui entend instaurer des « prérequis » d’accès aux filières de  l’enseignement supérieur, autrement dit les compétences nécessaires pour y entrer.

Par ailleurs, la réforme de l’accès à l’université doit s’accompagner d’une remise à plat du cycle de licence (des discussions vont prochainement démarrer à ce sujet). Il s’agit, entre autres, de permettre aux étudiants de poursuivre à leur rythme ce cursus. Certains craignent que cette remise en question de la licence en trois ans ne permette plus des compensations de leurs notes entre les semestres.

Pour l’instant les lycéens, premiers concernés se sont très peu mobilisés et semblent pour l’instant  jouer le jeu de Parcoursup, nouvelle plateforme censée éviter l’utilisation du tirage au sort, par un examen des dossiers des candidats.
http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/04/13/universites-pour-l-instant-une-minorite-d-etablissements-sont-perturbes-par-le-mouvement_5285265_4401467.html

 

C’est la teneur du courriel adressé aux étudiants, mardi 6 mars, par Yves Condemine, vice-président chargé de la stratégie numérique. En effet, parmi les 30 000 étudiants de l’établissement figurent plusieurs milliers de boulimiques de bande passante : depuis janvier, jusqu’à 6 000 appareils sont connectés certains jours, quatre fois plus qu’en 2017 et le réseau n’est pas dimensionné pour une telle gloutonnerie numérique.

Afin de sensibiliser les étudiants à une plus juste consommation du réseau de l’université, le vice-président (qui est également ingénieur en télécommunications) publie une infographie des applications très gourmandes et/ou très utilisées sur une journée du mois de février. Où s’abreuvent les étudiants lyonnais avec leurs smartphones et ordinateur portable ? « Tres marginalement dans les ressources universitaires », constate M. Condemine.

La plate-forme pédagogique en dernière position

Sur la quinzaine d’applications qui consomment le plus, Moddle, plate-forme pédagogique où les étudiants peuvent retrouver les modules de leurs cours, arrive en dernière position. Six applications ou plates-formes absorbent à elles seules plus de 7 % de la bande passante de l’université. Facebook est sans conteste la plus goulu et capte 34 % du réseau disponible. Microsoft Update 11 %, Netflix 10 %, YouTube 8 %, Snapchat 8 % et instagram 7 %.

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/03/09/quand-les-reseaux-sociaux-accaparent-la-bande-passante-de-l-universite-lyon-iii_5268466_4401467.html

La nouveauté de Parcoursup qui a remplacé APB est l’obligation de rédiger une lettre de motivation pour chaque demande, de 1500 signes maximum. Selon Ferroudja Kaci, conseillère au centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ), il est important de personnaliser sa lettre pour chaque demande (le copier coller est donc à proscrire absolument.

« Il est important de raconter ses particularités ou options qui vont servir au candidat pour atteindre son objectif professionnel »
Après avoir rédigé une introduction avec une phrase d’accroche personnalisée ; du type « je candidate à telle formation parce que… », il faut décrire rapidement son parcours d’études antérieur, et, éventuellement, ses expériences professionnelles ou stages, « en expliquant en quoi ils ont permis d’acquérir des compétences, des questionnements, qui seront utiles dans la formation que l’on vise », explique la conseillère.
« Si l’élève a réalisé un stage de troisième dans un cabinet d’avocats et qu’il souhaite tenter d’entrer dans un parcours d’affaires juridiques, il est important de le souligner, conseille de son côté Cécile Charasse, directrice de l’IUT d’Allier et vice-présidente de l’Association des directeurs d’IUT. Il doit également signaler ses points forts — et parfois reconnaître ses faiblesses ! — qui lui permettent de justifier qu’il a le potentiel pour atteindre son objectif final. » On peut aussi préciser si l’on est membre d’une association, ou si on a été délégué de classe, « pour illustrer le fait qu’on est responsable par exemple », conseille-t-elle.
Il est ensuite possible d’aborder son projet professionnel et d’expliquer en quoi la formation va permettre de s’y préparer et d’y accéder. « Si le projet professionnel est encore flou, préciser le ou les domaines d’activité qui intéressent et montrer en quoi la formation souhaitée permettra de se  diriger vers ce ou ces domaines, et de définir son projet ultérieurement », conseille la fiche d’information Parcoursup sur le projet de formation motivé. Les jurys vont essayer de voir « si le candidat sait bien où il met les pieds, s’il s’est renseigné sur la formation et sur ses débouchées », explique Mme Kaci.
Pour les filières sélectives, cette lettre de motivation est « déterminante », affirme-t-elle. « C’est l’élément-clé de la sélection en IUT : la motivation et l’engagement sont fondamentaux », confirme Mme Charasse. Pour ceux qui postulent une licence à l’université, le projet de formation motivé pourra être utilisé par les jurys pour départager les candidats dans les cas où ils seraient plus nombreux que les places disponibles. Le candidat ne pouvant savoir si ce sera le cas pour la licence qu’il convoite, autant peaufiner la rédaction de ce court texte, qui demeure possible jusqu’au 31 mars (date limite pour la finalisation des dossiers et la confirmation des vœux).

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/03/08/parcoursup-2018-comment-rediger-la-lettre-de-motivation-projet-de-formation-motive_5267780_4401467.html